Jeunesse

Les projets artistiques s’avèrent un outil d’accompagnement pour les éducateurs, les enseignants ou les moniteurs œuvrant avec les jeunes, en milieu scolaire ou non. Dans le cadre de l’école, par exemple, un projet de médiation peut à la fois favoriser l’apprentissage d’une matière donnée, participer au développement des qualités cognitives de l’enfant ou encore contrer, dès le plus jeune âge, l’exclusion culturelle.

Articles pour Jeunesse

Crédits

Texte : Anne Ardouin
Septembre 2012

Doctorante, Chaire en paysage et environnement
Faculté de l’aménagement, Université de Montréal
Présidente fondatrice et directrice PROJETTO – culture, paysage, milieu de vie
Projets de recherche-création en arts visuels et médiatiques
anne@projetto.org | www.projetto.org

Liens vidéo :

La vie à Dundee (Haut-Saint-Laurent - 01) :
« Ça c’était chez nous, je débarquais de l’autobus, fait que je me suis dit bon ben je vais filmer ça ; pour situer que je reste sur une ferme, pas mal loin de tout. Il y a comme rien autour de chez nous sauf plein de champs.»
http://vimeo.com/49191354

Une promenade dans le bois (Haut-Saint-Laurent - 16) :
« C’est mon cousin, il a toujours voulu se faire filmer avec son quatre roues. Pis là vu que j’avais la caméra ben on en a profité pour lui faire plaisir un peu là. C’est sa façon de s’exprimer si on veut.»
http://vimeo.com/49189035

Mon chat et les alentours (Haut-Saint-Laurent - 20) :
« Ça c’est mon chat en arrière de chez nous. Il est mort cet automne. C’est ça.»
http://vimeo.com/49189034

Mon premier film : mon hiver à moi (Kamouraska - 06) :
« Ben j’étais chez nous dans maison. J’étais sur le divan. Il faisait comme tempête dehors pis il fallait faire comme sur l’hiver, fait que j’en ai profité, j’ai sorti la caméra pis il y avait des oiseaux dans la mangeoire, j’ai dit je vais filmer ça. Parce que j’aime ben ça les oiseaux. Je trouve ça beau.»
http://vimeo.com/49192664

Bulletin de Culture pour tous

Inscrivez-vous afin de recevoir notre infolettre par courriel

Adolescents-filmeurs en Montérégie et au Bas­-Saint-Laurent

L’expérience du paysage comme médiation culturelle envers le territoire

Le projet de recherche doctorale « Entre les cheminements et les mouvements d’images, les paysages des adolescents-filmeurs », conduit par Anne Ardouin, explore la fonction du paysage dans la construction du lien entre l’adolescent, alors en réflexion pré-migratoire et le territoire.

Passeurs de reves : mentor et mentoré

Photogramme de l’un des premiers plans du projet « Plaisirs d’hiver

(Kamouraska – 02) ». La plupart des tournages qui ont eu lieu dans

le Bas-Saint-Laurent ont été faits par jours de tempête de neige.

Les jeunes participants se placeront derrière une fenêtre pour

mieux observer l’extérieur.

Le paysage a des fonctions plurielles et contributoires aux sociétés et à leurs us et coutumes. L’enjeu à les définir est d’autant plus pertinent que son appréciation même ne serait pas sans lien avec les effets secondaires de la multiplication des réseaux d’accès aux images à grande échelle par le web, par exemple.

Ainsi, comment ce patrimoine entre matériel et immatériel peut-il être idéalisé, rêvé, et défini dans le contexte de notre société nord-américaine, notamment par de jeunes adolescents en plein processus de construction identitaire?

Le paysage est un filtre entre l’individu et la façon dont celui-ci qualifie culturellement, socialement, le territoire. Le paysage est donc ce lien intime qui influence les imaginaires; qui infléchit les usages des ressources naturelles et socio-économiques présentes dans l’espace réel; qui invite à la lecture et à l’invention du monde.

Passeurs de reves : mentor et mentoré

Photogramme du projet « Mes amis et la caméra (Longueuil – 01) ».

Dans cette partie urbaine de la Montérégie, les êtres qui partagent le

quotidien des adolescents seraient les objets de tournage principaux.

Si le quartier près de la maison est visité, les corridors de l’école

le sont tout autant.

Le projet de recherche doctorale « Entre les cheminements et les mouvements d’images, les paysages des adolescents-filmeurs » conduit par Anne Ardouin sous la direction de Gérald Domon et Philippe Poullaouec-Gonidec (Chaire en paysage et environnement, Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal), explore tout particulièrement la fonction du paysage dans la construction du lien entre l’adolescent, alors en réflexion pré-migratoire et le territoire.

C’est le processus de création filmique qui supporte la mise au point de la méthodologie de recherche. Dès lors qu’une caméra est tenue par un observateur et qu’elle vise le territoire, il y a une qualification qui s’opère. Des valeurs positives ou négatives y sont associées et il en résulte un discours. Le processus de filmage reproduirait, par un certain mimétisme, celui de la perception du paysage jusqu’à sa représentation. Ainsi ce phénomène du regard filmique vers le territoire intègrerait des éléments significatifs pour la documentation des rapports au territoire chez des adolescents de milieu rural principalement dans le Haut-Saint-Laurent, dans Kamouraska (Bas-Saint-Laurent) et dans Longueuil (Montérégie).

La Fabrique

Carte satellite du Haut-Saint-Laurent en Montérégie. Chacun des points représente le lieu d’habitation des adolescents participant au projet.

Une trentaine de courtes vignettes documentaires ont été réalisées tel un journal collectif sur le passage des saisons dans le milieu de vie. Outre le fait de servir les fins de la recherche, ces projets visaient non seulement à transmettre aux jeunes des outils spécifiques aux possibilités des usages des technologies vidéographiques, mais à leur donner l’occasion de s’exprimer par le cinéma. Chacun des adolescents a participé à des entretiens sonores où ils devaient décrire leurs choix d’image, leurs façons de filmer.

Les sensibilités des jeunes adolescents envers les attributs physiques comme sociaux de leur milieu de vie révèlent des valeurs à des échelles intimes. Ils explorent leur espace selon leur propre regard, leur intérêt. Si les lieux privilégiés sont souvent près de la maison, notamment dans le Haut-Saint-Laurent; les objets de tournage ont plusieurs dimensions qui ne sont pas nécessairement d’ordre pictural. Leur expérience au paysage, leurs cheminements, nous invitent à une lecture singulière du territoire.

La Fabrique

Photogramme du premier plan tourné pour le projet « La beauté d’Elgin (Haut-Saint-Laurent – 18) ». Tel qu’illustré par la carte, un affluent de la rivière Châteauguay traverse ces champs; élément important dans les caractères paysagers de cet espace, ce cours d’eau est l’objet de l’une des premières images du projet de cet adolescent.

La méthodologie d’analyse élaborée pour cette recherche visait différentes catégories de qualifications exprimées par ces jeunes face à leurs milieux de vie tant par leurs images vidéographiques que par leurs mots.

Passeurs de reves : mentor et mentoré

Carte satellite à petite échelle. L’adolescent vivant à cet endroit

a tourné les images de «La vie à Dundee (Haut-Saint-Laurent – 01)».

Le territoire physique intègre principalement de grandes cultures

de maïs, des fermes laitières, des boisés, une carrière de pierre.

Par la mise en relation des résultats de l’identification des motifs de tournage, de la mise en cadre des paysages et des mouvements spatiaux; en tenant compte de la suite chronologique de ces éléments dans les filmages et des aspects naturels, fonctionnels et sociaux en présence, une définition sensible de l’expérience paysagère est jaugée et mise en lien avec les assises physiques de l’espace. Des notions de cheminements et de mouvement d’images sont dégagées du corpus analysé sous forme de chassés-croisés de signifiances entre les représentations sociales et imaginaires et les cheminements filmés dans des espaces spécifiques.

Ce faisant, l’apport des images vidéographiques comme instrument de recherche contribuerait à voir sous un autre angle plus intime et sensoriel les motifs de mobilités géographiques des jeunes Québécois.

Passeurs de reves : mentor et mentoré

Habitant dans un rang au milieu de boisés à proximité d’Ormstown en

Montérégie, l’adolescent – filmeur du projet «Une promenade dans

le bois – (HSL – 16)» a placé sa caméra autant dans les champs qui

lui étaient accessibles qu’aux abords des routes asphaltées.

Ce projet de recherche est une occasion de réfléchir au rôle de la culture comme outil de transformation des territoires et comme instrument du projet de paysage s’intégrant à un projet de société. Les projets en milieu scolaire se sont faits via le programme d’éducation cinématographique aux jeunes du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec (MCCCFQ) et la recherche doctorale a été supportée notamment par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC) ainsi que par des bourses de l’Université de Montréal.

Partagez
Facebook Twitter Email

Exprimez-vous!

Culture pour tous